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Bali, Octobre 2018 : retour vers un futur déraisonnable

Bali, Octobre 2018 : retour vers un futur déraisonnable

Bali, Octobre 2018 : retour vers un futur déraisonnable

Mercredi 10 octobre 2018, il est 21h30 lorsque je débarque à nouveau à Denpasar, 3 ans et demi après l’avoir quitté. « Saya kembali » sur l’île des dieux…

Je suis attendu et chaleureusement accueilli à l’aéroport par mon ami Mika. Nous nous connaissons depuis 5 ans. Il était présent pour nous, en 2014 lorsqu’avec Valérie nous devions faire face aux difficultés d’une fin d’expatriation difficile. C’est avec un plaisir mutuel que nous allons partager notre temps ensemble durant les 4 prochaines semaines de mon séjour.

Le goût de la liberté

Pour ce voyage je suis venu seul. J’ai pris congés de mon employeur au 1er septembre et Valérie n’a pas assez de jours de vacances pour m’accompagner. Je goutte à cette liberté que tout un chacun peut ressentir lorsqu’il s’affranchit de ce qu’il éprouve comme une servitude. En 2015, arrivant d’Asie, je voulais croire qu’un rapatriement, un travail bien payé, une voiture de fonction, une reconnaissance professionnelle, une étiquette sociale, une subjective sécurité et des Noëls enchantés pourraient guérir les blessures de mon effondrement financier. Je pensais tout pouvoir reprendre à zéro, oublier mes rêves, revenir dans le rang, presque récupérer ma vie d’avant. Je croyais pouvoir enfin devenir « raisonnable« . Je me suis accroché à cette illusion comme à une bouée de sauvetage que je savais déjà percée.

Bali, Octobre 2018 : retour vers un futur déraisonnable. Liberté

En réalité, je n’ai jamais été trop longtemps raisonnable au sens où les bonnes gens, les bien-pensants l’entendent, par convenance, tradition ou convention ; au sens où être raisonnable est une attitude qui paraît sensée, conforme aux attentes et aux jugements de l’entourage. Et surtout personne ne peut durablement arriver à me faire entendre raison si c’est contre la mienne. Ma vie fut jusqu’à présent une alternance de raisons et de déraisons.

Une enfance désenchantée

Pour commencer, je n’ai pas été un enfant trop joyeux. J’étais angoissé par l’espèce humaine à laquelle je commençais de comprendre que j’appartenais. Quoi de plus déraisonnable que les tourments de l’esprit pour un gosse, à qui l’on prête habituellement gage d’innocence et d’insouciance ? Adolescent, cela ne s’est pas arrangé. J’alternais les lectures de Jean-Paul Sartre et de Joseph Kessel entre deux BD d’Astérix et de PIF Gadget au lieu de jouer du crampon sur les terrains de foot. Je déversais, au travers de mes rédactions, toute l’aversion, l’écœurement et le désespoir que je ressentais pour le genre humain. J’étais le premier de la classe, ce qui pour le coup était très raisonnable mais je traînais toujours avec les derniers rangs…

J’étais celui qui exprimait ses émotions et ses sentiments, dans un chapitre d’ordinaire réservé à la gente féminine, en lieu et place de sa virilité. Même si ça plaisait plutôt bien aux filles, c’était complètement déraisonnable! J’en arrivais souvent à me demander si ma naissance était, elle-même, de l’ordre du raisonnable

Bali, Octobre 2018 : retour vers un futur déraisonnable. Enfance désenchantée

L’aviateur devenu scientologue 

Par désir d’aventures et de nouveaux horizons, pour faire plaisir à ma mère qui voulait « me caser », je me suis engagé dans l’armée de l’air à l’âge de 15 ans. J’étais pourtant profondément anticonformiste et pacifiste. Etait-ce bien raisonnable ? Une fois embrigadé, avec certains camarades, (tout aussi à leur place que moi…) je créais une radio pirate, je publiais un journal révolutionnaire et je m’empressais de démissionner dès ma seconde année sous les drapeaux. Vous trouvez ça raisonnable ?

De retour à la vie civile à 17 ans, je me destinais à une carrière prometteuse dans la restauration avant de tout abandonner pour devenir scientologue : déraisonnable. Ce n’était pas parce-que j’avais eu l’illusion et la prétention de vouloir éveiller les consciences humaines que ma mère m’arracha des griffes manipulatrices de la secte de Ron Hubbard. C’était parce-que j’avais troqué un emploi stable et bien rémunéré contre un rôle désintéressé de Don Quichotte. Il faut le reconnaître, ce n’était pas très raisonnable…

Bali, Octobre 2018 : retour vers un futur déraisonnable. Aviateur

Sac à dos VS attaché case 

Tout juste devenu adulte, je rêvais de découvrir le monde en sac à dos et paradoxalement je choisissais l’attaché case. En couple à 19 ans, logé « dans mon HLM« , premier enfant, deuxième enfant, cadre commercial dans l’univers de la grande distribution. Plus tard, première maison, première Mercedes, deuxième maison… A défaut de voyager, je prenais l’ascenseur social. Bien positionné sur les rails du capitalisme j’en devenais un fidèle acteur et un actif usagé. Pourtant, mon intuition ne cessait d’attirer mon attention. Le chant des sirènes commençaient à sonner faux. J’avais le sentiment de faire fausse route, que j’étais trop raisonnable. Dès lors, je n’ai cessé de varier les itinéraires, de changer de cap, essayant de trouver une piste salutaire dans le désert. Je changeais de poste, d’univers, de société, de voiture… Ce que je vivais comme une aventure, un parcours initiatique était perçu par la société comme une instabilité déraisonnable.

Bali, Octobre 2018 : retour vers un futur déraisonnable. Chant des sirènes

Le prix de la déraison

A 22 ans, je décidais de manger végétarien 12 mois durant alors que je tenais un restaurant routier et que je servais de la viande à chaque repas : le comble du déraisonnable ! A 39 ans, cadre, associé et actionnaire de ma boite je devenais vegan du jour au lendemain. J’opérais un changement de vie en réduisant considérablement ma consommation d’alcool, en ne faisant plus de fêtes gargantuesques avec mes clients et en donnant mon opinion sur des sujets dit « sensibles« . Je privilégiais mes convictions au détriment de mes relations commerciales et perdais par la même de gros clients et 20% de chiffre d’affaires : « unreasonable business » ! Alors que je gagnais plus d’argent que jamais, je décidais de vendre mes parts de société, ma grande maison et d’y adjoindre mes économies pour tout miser sur un projet à l’autre bout du monde, à Bali. Certainement ce que j’ai pu faire de plus déraisonnable puisque : 1) j’ai perdu tout ce que j’ai investi 2) j’ai mis ma famille en danger 3) j’ai sérieusement hypothéqué mon avenir.

Bali, Octobre 2018 : retour vers un futur déraisonnable. Le prix de la déraison

Et le naturel revient au galop…

De retour en France, à 50 ans, tout le monde m’a dit « Tu vas galérer à retrouver un emploi, maintenant tu passes dans la case senior ». Six mois plus tard j’étais Manager d’une petite usine de production métallurgique en Provence… J’étais très bien payé, j’avais une grosse berline de fonction et tous les avantages habituels qui vont avec… Alors que je m’étais promis de ne plus jamais travailler dans ce secteur d’activité, c’est sans surprise que je démissionnais 3 ans plus tard. Le déraisonnable l’a emporté sur le raisonnable par échec et mat. 

Bali, Octobre 2018 : retour vers un futur déraisonnable

10 octobre 2018 : me voilà donc de retour à Bali. Je ne sais pas vraiment ce que je fais ici, ce que je suis venu à nouveau y chercher, y comprendre, y apprendre sur moi-même. Il est 2h57 lorsque j’ébauche ces quelques lignes après avoir été sorti de mon lit par une secousse sismique de 6.5 sur l’échelle de Richter. Je me pose la question : « qu’est-ce que je fou là ? ». Je me rendors avec la seule réponse qui puisse me rassurer et qui m’apparaisse comme une évidence : c’est sans nul doute et à bien des égards parce que je suis déraisonnable…

Bali, Octobre 2018 : retour vers un futur déraisonnable. Thierry

Pour mon plus grand bien ou pour mon plus grand tord je n’ai cessé d’être déraisonnable tout simplement parce qu’il arrive un temps où le raisonnable m’empêche de respirer. Fallait-il que je prenne l’avion, que je parcours plus de 12.000 km pour comprendre que « le déraisonnable » a toujours guidé mes pas ? Je suis lié à Bali, par une relation particulière, par mon Archétype, par ce rêve qui m’y a conduit et qui m’a meurtri d’une profonde cicatrice.

Bali, Octobre 2018 : retour vers un futur déraisonnable. La connaissance

Voilà pourquoi j’ai titré cet article « Bali, Octobre 2018 : retour vers un futur déraisonnable ». Parce-que je savais que je devais revenir, non pour le passé mais pour l’avenir. Un avenir déraisonnable car trop de raisonnable m’oppresse et me prive de tout espoir, de toute illusion de liberté, de vertige, d’excès de vie. On dit couramment qu’il y a de la sagesse dans les comportements infantiles alors que paradoxalement, on ne prête pas l’âge de raison aux enfants.

Si Dieu se cache dans le cœur des hommes, il est autorisé de croire que la sagesse et l’intuition ne sont pas toujours du côté du raisonnable… Alors oui, il aura à nouveau fallu que je me retrouve immergé dans ce « biotope spirituel » de Bali pour saisir que mon raisonnable à moi est bien souvent le déraisonnable des autres ; pour saisir que ce raisonnable là, lorsqu’il devient insupportable, m’emprisonne dans la carapace du homard et que le déraisonnable me permet, un temps, de continuer d’exister.

Homard soit qui mal y pense

Le homard est un crustacé, un petit mollusque tout moelleux qui vit dans une coquille, une carapace très rigide. Cette carapace ne grandit jamais, elle reste toujours de la même grosseur. Mais comment le homard fait-il pour se développer, pour grandir? Plus il grandit, plus sa carapace devient trop étroite, il se sent piégé dans sa coquille. Le homard se sent naturellement sous pression, il est en stress dans une situation très inconfortable.

Il va alors se réfugier sous une roche pour se mettre à l’abri des prédateurs. Là il brise sa carapace et en produit une nouvelle, mieux adaptée à sa condition. Bien sûr, il continue de grandir et sa nouvelle coquille devient à nouveau trop petite. Il retourne donc dans sa grotte pour répéter le processus autant de fois que nécessaire à son épanouissement.

Bali, Octobre 2018 : retour vers un futur déraisonnable. Ocean

Le stimulus pour que le homard puisse grandir et s’épanouir est qu’il se retrouve dans une situation inconfortable. C’est cette situation du trop raisonnable qui me fait me sentir inconfortable et me pousse à la déraisonnable décision de me mettre en danger pour changer de carapace. Si les homards avaient des docteurs, ils n’évolueraient jamais. Parce qu’au moindre signe d’inconfort, ils se feraient prescrire des Valium et tout semblerait bien aller. Ils ne briseraient jamais leur coquille.

Nous pouvons donc réaliser que les moments de stress sont en fait des opportunités pour évoluer. Si nous utilisons l’adversité correctement, nous pouvons grandir grâce à elle. Source vidéo.

Merci d’avoir lu cet article : Bali, Octobre 2018 : retour vers un futur déraisonnable. Vous pouvez lire plus d’articles dans notre rubrique « Changer de vie ». 

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