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Philosophie et état de crise, chapitre 1 : tsunami et épidémie

Philosophie et état de crise, chapitre 1 : tsunami et épidémie

La philosophie peut-elle nous aider à surmonter les crises ? Dans une série de plusieurs articles,Nicolas Scohy, consultant et passionné de philo, tente de nous répondre.  

Philosophie et état de crise, chapitre 1 : tsunami et épidémie

Nicolas Scohy

Présentations

Après avoir étudié la philosophie et l’avoir enseignée, je suis devenu consultant en 2002 et médiateur quelques années après.  Je suis aujourd’hui plus particulièrement spécialisé en gestion de conflit et gestion de crise. Je gère au sein d’entreprises de toutes tailles et de tous secteurs des crises sociales compliquées. J’accompagne également des personnes qui traversent des crises individuelles, sur le plan personnel. J’ai par exemple suivi en coaching 35 victimes d’accidents de la route graves, avec des séquelles physiques et psychiques lourdes.

Cela peut aussi concerner des managers et des professionnels en situation de conflit ou de burn out. Dans mes missions de gestion de crise, je suis amené à utiliser des méthodes variées pour accompagner mes clients. Cela passe par la préparation mentale, la psychologie et aussi la philosophie. 

Un cours de philo sur la crise?

Je n’ai pas la prétention de faire un « cours » de philosophie, sur un sujet tel que la crise, ce serait s’attaquer à un des mystères les plus grands de notre existence, certaines crises sont immenses et je me sens bien incapable de les expliquer ou de proposer des solutions. De plus, les philosophes ne sont pas encore tombés d’accord entre eux sur le sens de l’existence, je ne parle donc que de moi…

Je souhaite simplement partager un témoignage personnel et mes idées sur l’aide que je trouve dans la démarche philosophique. De ce fait, je peux être parfois approximatif, et mon avis n’est que mon avis.

Cours de philosophie

La philosophie me semble être une aide précieuse car elle aide à changer de regard sur la crise et à ne pas se laisser entraîner dans des « biais cognitifs » trompeurs ou aggravants. Elle aide également à mieux « accepter » le fait que nous ne contrôlons pas tout, cette acceptation peut paradoxalement aider à agir et à surmonter l’angoisse.

Les crises

Avant de parler philosophie, je vous propose de poser quelques prérequis sur les « crises ». Les crises sont variées. Tenter de décrire tous les types de crise serait long et fastidieux. Ce qui me semble certain c’est que tout être humain en vit au moins une, une fois dans sa vie. J’en ai connu plusieurs, notamment en tant que dirigeant d’entreprise.

J’ai cependant réussi à rebondir rapidement, mais il a fallu faire face à deux choses :
 – des problèmes pratiques réels, où il me fallait agir, parfois vite, ou parfois sans me précipiter
–  des fantasmes, des inquiétudes, et une grande incertitude sur la suite, qui pouvaient m’empêcher d’agir et de faire ce qui était nécessaire

Philosophie et état de crise, chapitre 1 : tsunami et épidémie. Période de crise

Les crises peuvent être matérielles, elles peuvent être affectives et sentimentales (une rupture, un décès). Elles peuvent être sociales comme les grèves ou les émeutes. Et, les crises peuvent aussi prendre la forme de catastrophes extrêmes ou de tensions qui s’étalent dans la durée.

Il est intéressant de noter qu’elles ne provoquent pas toujours les mêmes effets : certaines crises permettent, stimulent la solidarité et des élans de générosité, comme par exemple dans un tsunami, ou un tremblement de terre. D’autres au contraire, comme par exemple les épidémies, divisent, créent la suspicion et peuvent entraîner des phénomènes de délation, et clivent les gens en groupes d’opinion farouchement opposés les uns aux autres.

Il suffit pour s’en convaincre de voir que les débats sur la conduite à tenir concernant le coronavirus divisent les gens, les politiques et même les médecins, les profils plus « anxieux » reprochent par exemple aux autres de n’avoir pas été assez prévoyants et présupposent qu’il aurait été possible d’éviter cela, sans tenir compte des autres facteurs d’analyse.

Tsunami et épidémie

Dans le cas d’un tsunami, une fois le risque passé, les « survivants » se mobilisent. Mais, dans le cas d’une épidémie, le risque dure, il est latent, et personne ne se sent en sécurité. Dans certaines crises, on peut également observer que certains sont « spectateurs » parfois animés de la conviction que « cela n’arrive qu’aux autres », d’autres sont victimes.

Pour certaines crises la médiatisation et les réseaux sociaux font caisse de résonnance. Par conséquent, cela accentue la portée ou la gravité de la crise. Dans tous les cas, le stress et l’angoisse du danger provoque un besoin impérieux de retrouver le contrôle de la situation rapidement.

Tsunamis et épidémies, 2 crises majeures

Ma pratique professionnelle de médiateur et les méthodes utilisées m’ont conduit à analyser les crises de la manière suivante : une crise amène une rupture avec l’équilibre en place, et crée une perte de repère. Elle introduit une incertitude sur l’avenir, une perte de contrôle de la situation, un sentiment d’insécurité. Cela a pour résultat de nourrir des fantasmes, le plus souvent négatifs, sur l’avenir. Elle comporte quelque chose de violent et de difficile à accepter : la perte de quelque chose de précieux et de vital, une injustice, un risque, etc.

L’intensité de la « perte » ou du « danger » peut varier selon la nature de la crise et la personnalité de ceux qui vivent la crise. Nous avons tous une « zone de panique » où un risque particulier nous est insupportable, cette zone varie selon les personnes : pour certains c’est d’ordre affectif, pour d’autres c’est matériel et financier, pour d’autres, c’est la santé …

Mais la crise est aussi souvent une remise en question de notre existence. Elle comporte des opportunités pour changer ou améliorer notre situation. Parfois les crises résultent de nos erreurs, ou de choses que nous ne voulions pas voir. Elles résultent de situations que nous n’avons pas osé résoudre, de tensions que nous avons laissé pourrir. Dans ce cas, les crises, même si elles sont douloureuses peuvent avoir une dimension « thérapeutique ». Les crises ont des choses à nous apprendre.

« Tout ce dont nous n’avons pas conscience nous revient comme un destin », Carl Gustav Jung.

A noter que, le célèbre psychanalyste est notamment l’auteur de la théorie des archétypes et de l’inconscient collectif. 

Il est urgent de ne faire rien

Dans la plupart des crises, on peut raisonnablement penser que ce qui aide surtout est d’agir. Agir de manière efficace, maîtrisée, rapide, précise et pragmatique. Une telle exigence peut d’ailleurs sembler très éloignée de la dynamique « philosophique », qui consiste quant à elle plutôt à prendre le temps de méditer, de s’interroger, de douter, de réfléchir … Pourtant, et comme le dit souvent un confrère psychologue, en situation de crise, il est urgent de ne « faire rien », ce qui n’est pas « ne rien faire ».

Article rédigé par Nicolas SCOHY

MATHYS CONSEIL Conseil, coaching, médiation, formation

Quelques références sur les approches de la crise :

Communiquer en cas de crise, ESF, Nicolas Scohy, Thierry Leprou. La communication de crise, Dunod, Thierry Libaert. Plan de gestion de crise, Dunod, Didier Heiderich.

Merci d’avoir lu : Philosophie et état de crise, chapitre 1 : tsunamie et épidémie. Ne manquez pas la suite avec le 2ème chapitre à venir et découvrez d’autres articles de notre rubrique  « Rebondir » .

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